Les études et moi

C’est un article très personnel que je vous écris aujourd’hui puisque je vais vous parler de mon parcours d’étudiante au CNED. Il était temps pour moi de faire un bilan de toutes ces années que j’ai passées sur la table de mon salon, à travailler dur, à me prendre la tête sur ces tonnes de bouquins, à pleurer parfois, à rire souvent mais surtout à apprendre.

 

Ça fait cinq ans maintenant que j’étudie par correspondance. J’ai commencé au lycée, à mon entrée en seconde pour beaucoup de raisons dont, entre autres, ma phobie scolaire. Il y a d’autres choses aussi qui m’ont incité à quitter le banc des écoles et m’inscrire au CNED ; peu de personnes savent finalement pourquoi j’ai fait ce choix, mes plus proches.

Il faut dire que ça n’a pas été facile, au début. Je me souviens des paroles auxquelles mes parents avaient droit. « Elle va se planter lamentablement, le CNED ce n’est pas fiable. », « Tu crois vraiment qu’elle va réussir ? », « Il vaut mieux qu’elle retourne au lycée »… Forcément, c’était pas rassurant, eux qui avaient déjà peur que ce ne soit pas un super choix pour moi. Pourtant, j’ai eu le soutien de tous mes professeurs du collège ; j’étais bonne élève, sérieuse, travailleuse. Il n’y avait aucune raison pour que je ne réussisse pas, à condition d’être rigoureuse et de bucher tous les jours.

J’ai commencé ma seconde avec en tête les mots de mon père. Si je me plantais cette année, je retournais au lycée. Je ne voulais pas, alors j’ai travaillé. J’ai énormément travaillé, avec l’aide de ma mère, le soutien de mon amoureux qui, aussi atypique soit-il, a fait ses années lycées auprès de moi. On a étudié nos cours ensemble, tous les jours, calé sur les horaires de mon petit frère qui n’avait que six ans quand j’ai débuté et qui ne comprenait pas que sa sœur reste à la maison. Alors j’ai pris son rythme pour qu’il voie que moi aussi, j’étais à l’école. Simplement, mon école était à la maison.

La seconde a été difficile mais j’ai beaucoup appris. Je suis devenue plus autonome, plus mature, j’ai compris à quel point le travail payait. Je suis passée en première avec une bonne moyenne et ma mère a commencé à lâcher du lest. Mes parents semblaient un peu plus rassurés, et moi, j’allais mieux.

J’ai continué, main dans la main avec mon copain, et on a commencé petit à petit à s’auto-gérer. Pendant les deux dernières années de lycée, j’ai grandi et évolué, je me suis détachée doucement de cette bulle d’isolement que je m’étais crée pour « guérir ». Je me suis reconstruit un entourage, je me suis découvert de nouvelles passions et même si au cours de cette période, j’ai développé certaines phobies, je ne regrette absolument rien.

Ce parcours a été parfois semé d’embuches, il n’a pas été tout rose, loin de là. Il y avait des jours où j’avais peur de ne pas y arriver, de ne pas comprendre et de me planter. J’avais une pression monstre en terminale. Le bac approchait, j’avais peur de ne pas le décrocher malgré mes notes plus que convenables, malgré mon travail, malgré toute l’implication que je mettais dans ces cours. Et le discours de ces gens qui se permettaient de juger ce que je faisais ne m’aidait pas à prendre confiance.

Et pourtant, j’ai obtenu mon bac avec une mention. J’en étais très fière, je peux dire aussi que j’étais fière d’avoir prouver aux mauvaises langues que je pouvais y arriver. Que les cours par correspondance, ce n’était pas de la merde et encore moins de la fainéantise. J’ai travaillé autant, si ce n’est plus, que des élèves étudiant dans un établissement ; oui, ce qu’on appelle des élèves « normaux ». Je n’avais pas de professeurs pour m’aider, seulement ma professeure de français du collège avec qui j’ai gardé contact et qui a été d’un soutien énorme pendant mes années lycée. Mais je n’avais que ma tête, mon cerveau et moi pour faire mes devoirs, comprendre les corrections et progresser et j’étais heureuse d’avoir réussi, d’avoir persévérer jusqu’au bout.

Quelque part, j’avais ma revanche.

 

Pour mes études supérieures, je ne me suis pas posée de questions. J’ai fait un BTS diététique par correspondance également, à la seule différence que mon copain a pris le chemin de la vie active et que cette fois, je devais travailler en tête à tête avec moi-même. J’appréhendais et j’avais hâte à la fois de commencer les études qui me faisaient rêver.

Les premiers jours ont été un peu rudes. Comme pour tout, je m’étais habituée à ce qu’on bosse à deux mais on s’est rapidement adapté ce nouveau rythme. Il est devenu mon soutien au quotidien. Il n’y a pas un jour où il ne m’a pas appelé pour savoir comment ça se passait, pour me booster quand j’en avais besoin. De même pour mes parents qui ne regrettent pas une seconde ce parcours. Je ne les remercierai jamais assez de m’avoir fait et de me faire confiance encore aujourd’hui, à l’aube de la fin de mes études.

Pendant ce BTS, je me suis totalement épanouie. J’aimais ce que j’étudiais, je le faisais avec plaisir et me lever le matin n’a jamais été une corvée. J’ai eu beaucoup de doutes, j’en ai toujours, mais j’ai bossé comme une dingue au point de finir en avance sur mon programme de ces deux années. Il m’est arrivé de m’arracher les cheveux sur certaines matières, de pleurer au téléphone avec ma mère parce que je n’y arrivais pas, de rire bêtement en voyant mes notes qui étaient au-delà de mes espérances, d’emmerder mon copain, mon père, ma mère et tout le monde parce que j’en avais marre de lire du chinois (ah ! chère biochimie…). Mais ça restera que des bons souvenirs.

Mes examens finaux se terminent bientôt et avec eux, je referme un passage de ma vie. Cinq ans avec le CNED, c’est long et court à la fois. Je ne retiens de cette expérience que le meilleur, et même si on me ressort parfois « mais c’est cool, tu peux te lever quand tu veux et glandouiller si ça te chante », bah c’est plus très grave.

Grâce au CNED, j’ai fait choses que je n’aurais jamais osé entreprendre en restant dans un cursus « normal ». J’ai commencé à écrire et je suis entrée dans une communauté exceptionnelle qui se reconnaîtra si elle lit ces lignes. J’ai repris la danse, retrouvé l’essence même de pourquoi ç’a toujours été ma passion. J’ai forgé mon caractère de merde comme le diraient si bien mes parents, malgré ma timidité maladive qui ne me quittera sûrement jamais. Je me suis épanouie dans ma vie de couple et après sept ans, je suis encore plus follement amoureuse de mon homme. Je me suis fait de nouveaux amis et j’en ai retrouvé des anciens… J’ai entrevu ce que pouvait être le bonheur et j’ai sauté dedans à pieds joints. Je suis heureuse.

Il y a beaucoup de « je » dans cet article mais il y a beaucoup « d’eux » derrière tout ce parcours. Merci à eux, qui se reconnaîtront, merci à ceux qui ont été là depuis le début, ceux qui m’ont rejoint en cours de route mais qui ont été tout aussi exceptionnels. Je n’ai pas les mots pour vous dire à quel point je les aime.

Et merci à vous d’avoir lu cet article !

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Publié par

Laura, 20 ans. Curieuse de la vie, je m'intéresse à énormément de choses ! Ce blog sera plus particulièrement centré sur du lifestyle et la nutrition mais je cherche encore à développer mon idée vers d'autres centres d'intérêts. Je suis une jeune diplômée en diététique et briser les idées reçues, c'est mon dada !

11 commentaires sur « Les études et moi »

  1. T’es une championne! Tu dois être fière de tous les efforts que tu as faits parce que c’est vrai que travailler seule (même si tu étais soutenue) cela ne devait pas être facile. Je te tire mon chapeau!
    Et je t’envoie plein d’encouragements pour la suite, la recherche de boulot, le boulot quand tu l’auras!

    C’était un très joli article, merci du partage! 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup Norya, ça me touche beaucoup ce que tu me dis parce que ça a été un long parcours parfois difficile… et je suis vraiment contente d’en être arrivée au bout et d’avoir contredit tous ces détracteurs ! Merci beaucoup beaucoup beaucoup !

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  2. Très bel article, je ne savais pas que tu avais passé tant d’années avec les cours par correspondance ! C’est quelque chose que j’admire beaucoup et dont je serai incapable, donc chapeau !
    C’est probablement indiscret, mais je ne comprends pas ce que tu désignes par phobie scolaire, tu peux m’expliquer ? Et d’où t’es venue cette idée de cours par correspondance, est-ce que c’est tes profs qui te l’ont conseillés ? C’est quelque chose d’assez rare je trouve (en tous cas je connais très peu de personnes qui ont suivi ce parcours), et ça m’intéresse de voir comment cette idée t’ait venue 🙂
    Bisous et bon courage pour la suite du parcours !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup Louise, ça me touche énormément ! La phobie scolaire, chez moi, ça se qualifiait par une angoisse terrible d’aller à l’école, je pleurais en y allant et en rentrant à la maison. Maux de ventre, incapable de m’intégrer aux autres… Mais je suppose que ça diffère d’une personne à l’autre 🙂 Pour ce choix du CNED, c’est tout simplement mon copain qui me l’a proposé parce qu’il ne supportait plus de me voir dans cet état. Et mes profs ont, on va dire, donné leur aval parce que j’étais bonne élève et sérieuse mais mes parents ont commencé à être rassurés seulement après ma seconde passée et réussie ! Donc ça a été compliqué, c’est un choix atypique et qui fait peur mais je ne le regrette pas une seule seconde ! Merci beaucoup encore pour ton commentaire, ça me touche 🙂

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  3. Coucou Laura ❤
    J'ai pas mal d'articles à rattraper dit-moi, tu es bien plus productive que moi avec ton blog !
    Cet article m'a beaucoup touchée et je comprends ce que tu veux pas dire par "choix que personne ne comprend", et parfois je me dis que j'aurais adoré faire l'école à la maison même si j'ai eu la chance de ne jamais avoir une vraie phobie scolaire… mais une quatrième compliquée qui m'a bien démolie quand même et qui aurait sans doute été plus reposante chez moi. Tu as beaucoup de mérite d'avoir réussi à travailler comme ça en tout cas, je ne sais pas si j'en aurais eu la maturité, ça donne sacrément plus de motivation de travailler seul chez soi avec tant de tentations à disposition !
    Tu as fait un très beau parcours en tout cas, tu n'as rien à te reprocher ! 🙂

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    1. Merci beaucoup Bloo, ça me touche ! J’ai été longtemps sur la défensive quand il s’agissait de mes études, par peur des préjugés et cet article m’a fait du bien. J’ai réussi mes cinq années d’études par correspondance et j’en suis fière ! Ca a été difficile, la motivation n’était pas toujours au rendez-vous mais quand on est soutenu par sa famille, ça aide à reprendre le cap et continuer 🙂

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  4. Très beau billet.
    Le Cned, c’est pas fait pour tout le monde. Ne pas le travailler seule ça aide aussi. J’ai pris le CNED en prépa concours, par rapport aux autres prépa concours (et vu que l’IUFM c’était pas pour moi) c’était sacrément moins cher.
    J’ai bucher comme une dingue, mais bon, pour moi ça n’a pas fonctionné (enfin je suis aller à l’oral 2 fois avec le CNED, mais j’étais pas prête pour l’oral) mais je suis d’accord, c’est une formation de qualité et j’aime l’épanouissement qui ressort de ton billet.

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