La danse ? Plus qu’une passion, une vie !

 Cet article est à lire avec cette musique dans les oreilles. Et celle-ci aussi.

Ma mère m’a toujours dit « t’étais à peine dans mon ventre que tu dansais déjà » sûrement parce qu’elle-même n’a pas arrêté de danser quand elle était enceinte de moi. Mes plus tendres souvenirs, je les ai dans cette école, sur ce parquet, face à ces miroirs et la musique résonnant contre les murs. Toute ma vie est dans la danse et elle m’a accompagné à chaque étape, comme une vieille amie qui m’a toujours tenue par la main.

Ça fait dix-sept ans que je danse mais depuis ma naissance, ma mère m’emmenait avec elle aux cours qu’elle donnait ; autrement dit, ça fait réellement vingt ans que je baigne là-dedans. Il faut le dire, au début, ma mère m’a incité à prendre des cours par facilité. Elle avait son école, j’étais collée à ses jupes toute la journée alors c’était plus simple. Difficile à imaginer aujourd’hui qu’à trois ans, je n’aimais pas ça. Maman m’a même raconté que j’avais refusé de faire un spectacle une fois, je ne m’en souviens même plus.

J’ai mis beaucoup de temps à apprécier la danse, je pense que ça a mis bien quelques années avant que j’y aille avec plaisir. Je dirais que vers mes six ans, c’est vraiment devenu un loisir et l’école de ma mère était comme une deuxième maison. Je passais mes mercredis après-midi là-bas, à regarder tous les autres cours avant le mien et admirer les plus grandes que moi en ayant hâte de pouvoir danser comme elles.

La danse a été aussi le nid de toutes mes amitiés. Elles se reconnaîtront si elles lisent cet article et une en particulier est toujours aussi présente dans ma vie aujourd’hui. J’ai crée des liens, j’y ai vécu mes premières disputes mais aussi mes premiers bonheurs ; les spectacles de fin d’année, le trac avant de monter sur scène et l’excitation de toutes enfants dont les parents sont dans le public. Encore plus pour moi parce que ma mère était dans les coulisses, elle a suivi mes progressions depuis le plus proche de la scène.

J’ai eu la chance d’avoir été traitée comme une élève des plus normales. On m’a appris la discipline, la rigueur et la régularité que demandait la danse. Je voulais être danseuse étoile et quand j’ai commencé à faire du classique vers six ou sept ans, j’étais sur mon petit nuage. J’adorais ça. Je n’avais pas un grand talent mais qu’importe, je faisais du classique et j’aimais ça.

Mes onze ans ont été ceux du changement. Nouveaux professeurs, nouveau groupe. J’avais mon côté rebelle de pré-adolescente, je n’avais pas toujours envie de danser et pourtant, les deux années qui ont suivi ont été celles où je m’y suis trouvé une réelle passion. A cette époque-là, je dansais tous les jours, je préparais des concours, j’avais quatre professeurs extraordinaires qui malgré ma crise existentielle de collégienne ont toujours été derrière moi et le petit groupe qu’on avait. Je n’avais jamais autant progressé que pendant cette période.

J’éprouve une grande nostalgie à parler de ces femmes que je vois toujours, même si c’est peu souvent. Pour deux d’entre elles, je les avais vu évoluer en tant qu’élèves, je les avais en tant que professeurs si peu de temps après. Pour les deux autres, c’était des professionnelles depuis plus longtemps mais chacune avait sa manière d’enseigner. L’une douce et maternelle avec une vision moderne du classique, l’autre plus stricte et qui nous repoussait souvent dans nos retranchements. Mais chacune d’entre elles m’a énormément apporté et je donnerais n’importe quoi pour pouvoir re-danser avec elles maintenant que je suis plus adulte.

Je l’ai déjà dit, la danse m’a accompagné lors de toutes les étapes de ma vie. Elle a été aussi le centre de ma rencontre avec mon amoureux. Lui aussi était danseur, il avait quinze ans et un talent monstre. Je pèse mes mots parce qu’il a eu parcours succinct mais exceptionnel pour un garçon qui a tout appris dans la rue. Lui qui était si discret dans la vie explosait littéralement sur une scène. Il était un exemple et je l’ai toujours admiré pour sa façon si mature de danser. Sept ans et demi plus tard, il est toujours à mes côtés et s’il ne danse plus aujourd’hui, il est toujours présent pour me regarder.

La danse a été aussi le lieu de mes premières peines. Lorsque ma mère a fermé son école, j’ai vécu le plus grand déchirement de ma vie. Je n’en parle plus vraiment depuis mais ça a été des moments difficiles ; je n’avais plus ma maison, mon refuge. Je n’avais plus les clés pour aller danser quand bon me semblait. Ces instants m’ont fait prendre conscience d’à quel point j’aimais la danse mais aussi à quel point j’étais attachée à cette petite salle en sous-sol, ce petit espace où j’ai pu m’épanouir, me défouler. Etre en colère comme être heureuse. Cette école dans laquelle j’allais pour déjeuner entre midi et deux quand j’avais assez de temps pour ne pas être inscrite à la cantine, à regarder ma mère donner son cours à ses élèves déjantées. Cet endroit qui m’avait tout appris.

Je suis allée dans une autre école, j’ai suivi une des professeurs qui avait migré là-bas. C’était quelque part réconfortant de retrouver une personne dans laquelle j’avais confiance, avec laquelle j’avais fait énormément de progrès et appris à gérer mes colères. Ça m’a aussi permis de faire en quelque sorte le deuil de toutes ces années passées dans un cocon familier.

Je suis dans cette nouvelle école depuis cinq ans maintenant. J’ai grandi. Je commence à vieillir même. Mais la danse est toujours là. Depuis l’année dernière, j’ai découvert de nouvelles professeurs, talentueuses, exigeantes mais adorables. J’ai encore une fois découvert de nouvelles façons d’enseigner, d’autres visions de la danse.

J’apprends toujours. La danse est en constante évolution et demain, j’en apprendrai encore. Je suis une passionnée, j’en demande toujours plus et j’ai appris à être exigeante avec moi-même. Ce n’est plus un simple loisir, j’ai envie d’évoluer et de me perfectionner. Aujourd’hui, j’aime répéter des pas des millions de fois avant qu’il ne soit parfaitement exécuté, chose qu’il y a presque dix ans en arrière, je détestais. Aujourd’hui, je pourrais passer des heures devant un miroir à reproduire une danse, à remettre la musique en boucle pour « chopper » le bon timing, pour entendre la mélodie derrière les paroles et être sur les comptes. C’est un travail de longue haleine qui me plait de plus en plus au fur et à mesure que les années avancent.

 

En dehors de mon histoire, la danse m’a permis tellement de choses. Avec elle, je peux m’exprimer comme bon me semble. Je peux faire passer des tas d’émotions qui me traversent au quotidien, je peux me défouler et passer ma colère, ma joie, ma tristesse dans chaque chorégraphie. Avec la danse, je peux briser les codes, je peux enlever ce masque de timidité qui m’a souvent gâché la vie. Je peux être moi, complètement mise à nue par les émotions et par ce travail, cet acharnement parfois qui détruit toutes les barrières. Je peux ressentir la musique comme personne ne peut la ressentir en l’écoutant simplement. La danse, c’est tout un art, difficile mais si libérateur.

Le plus beau et le plus dur dans la danse, c’est de donner cette impression que lever la jambe est simple, que ce saut où tu retombes sur les genoux ne fait pas mal, et que ta souplesse a toujours été quelque chose d’inné. La danse doit paraître naturelle, facile quand on la regarde, elle doit émerveiller. Mais derrière ce que l’on voit, il y a ces heures où tu travailles tes écarts parce que tu n’es pas née avec la jambe collée derrière l’oreille, il y a toutes ces semaines à bosser la technique jusqu’à parfois en avoir les nerfs en pelote parce que tes grands jetés ne sont pas parfaits. Il y a aussi ces heures où tu as peur de ne pas y arriver, où tu doutes de tes capacités parce que le temps passe et que la difficulté d’un même pas ne s’amoindrit toujours pas. Mais il y a aussi ces moments où tu y parviens enfin et où ton sourire ne quitte pas ton visage pendant des jours. Où tu es fière de toi et que tes professeurs le sont tout autant.

La danse, c’est aussi la scène, les spectacles. C’est la pression des répétitions où souvent, tout ne se passe pas comme prévu, c’est cette angoisse de se louper lors du jour J. C’est le trac qui te donne mal au ventre et ces moments précieux avant de monter sur scène où on se maquille, se magnifie, où on se crée un personnage. C’est le rideau qui se lève, les projecteurs qui t’éblouissent, le son des applaudissements qui résonnent dans la salle. Et les yeux qui pétillent, il y a cette énergie, cette adrénaline qui fait que tu te surpasses et que tu réussis.

Mais la danse, c’est surtout cette sensation si agréable de tes pieds au contact du sol, du bout de tes doigts qui essaient de toucher le ciel, de ton corps qui s’évade et vibre au rythme des mélodies. C’est ton cœur qui bat, ton esprit qui se met en marche, ton corps qui renaît. Danser, c’est aussi indescriptible que cela. C’est quelque chose qui se vit au moins une fois. Certains ne réitéreront pas l’expérience, d’autres le feront jusqu’à ne plus pouvoir. Je crois que je fais partie de ces derniers.

Depuis deux ou trois ans, je m’amuse à regarder les vidéos de certains danseurs sur YouTube rien que pour fantasmer devant la perfection de leurs mouvements, rien que pour admirer le travail qu’ils ont fournis pour arriver à ce résultat. Et ça me motive plus que jamais pour reproduire cela moi-même. Pour, moi aussi, arriver à cette finalité. Et j’espère que je suis en bon chemin pour cela.

Pour terminer cet article, je vais vous montrer mes inspirations du moment, entre autres. J’espère que ça vous plaira et que vous aimerez tout autant que moi ces artistes exceptionnels.

 

Grosses pensées à toutes celles qui se reconnaîtront dans cet article. Merci à elles, pour tout.

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Publié par

Laura, 20 ans. Curieuse de la vie, je m'intéresse à énormément de choses ! Ce blog sera plus particulièrement centré sur du lifestyle et la nutrition mais je cherche encore à développer mon idée vers d'autres centres d'intérêts. Je suis une jeune diplômée en diététique et briser les idées reçues, c'est mon dada !

3 commentaires sur « La danse ? Plus qu’une passion, une vie ! »

  1. Très bel article Laura ❤
    J'ai toujours regretté d'être passé d'un sport à un autre pendant des années, parce que du coup, je n'ai jamais réussi à avoir un sport qui soit aussi important pour moi que la danse pour toi. Même l'athlétisme, que j'adore, je l'ai commencé très tard, m'empêchant de progresser autant que si je l'avais commencé enfant, et je n'ai jamais pu y aller suffisamment souvent pour en "faire ma vie", même si je n'attends qu'une chose : pouvoir le reprendre quand j'en aurais le temps et les moyens logistiques. C'est magnifique en tout cas cette passion que tu as, on la sent dans chacun de tes mots et je suis sûre que les personnes auxquelles tu pensais en l'écrivant doivent être très touchées.

    Aussi, j'ai reçu ton adorable MP et cette semaine est un peu chargée mais j'y répondrai ce week-end au plus tard ❤

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  2. Quand je lis cet article, je me rappelle de cette petite école de danse, dans cette petite rue, en sous-sol.
    Mon papa m’y emmenait en moto et revenait me chercher le soir.
    Je me souviens de cettepetite salle où on regardait les plus grandes danser avec des étoiles pleins les yeux.
    Je me souviens de ta maman, mais aussi de notre professeur avec laquelle on a appris énormément de choses !
    Je me souviens de ces exercices qui nous prenaient la moitié de l’heure, et qu’on avait qu’une hâte c’est danser !
    Je me souviens qu’on voulait toujours être la plus jolie avec nos chaussons, et nos tutus/justaucorps.
    Je me souviens de nos mamans qui dansaient, toutes à un niveau différent mais je m’extasiais quand je regardais ma maman danser, même si c’était loin d’être parfait !
    Je me souviens de tous les spectacles que j’ai fait, et quand on était dans les gradins pour regarder les autres !
    Je me souviens de tellement de choses dans cette petite école !

    Je ne pense pas que tu te remettras ma tête, ça fait tellement longtemps qu’on ne s’est plus vues. Je devais avoir 9/10 ans la dernière fois que j’ai mis des chaussons pour vraiment danser !

    Aujourd’hui j’ai trouvé ma passion, mon extasie, mon bonheur. La danse restera cependant une étape magique de mon enfance !

    Merci pour ce bel article Laura !

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  3. venue sur ton site initialement pour lire l’article sur la dépression (merci ❤ ) et me voilà en train de frisonner devant la deuxième vidéo, elle m'émeut!
    Je n'ai jamais su ou aimé dansé, jamais été en phase avec mon corps (TCA…) gauche, excessive… je sais que je loupe quelque chose mais rien qu'à regarder beaucoup d'émotions sont transmises!

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