Psychologie et alimentation : le lien qu’on ne soupçonne pas

Nous faisons parfois des gestes et des sensations inconscients ou par réflexe, à tel point qu’on ne s’imagine pas qu’il y a tout un mécanisme bien étudié derrière. On s’en doute souvent mais on le balaie d’un revers de main la plupart du temps, pourtant, l’alimentation et la psychologie sont étroitement liées.

Je vais parler plus précisément de l’alimentation émotionnelle. C’est indéniable, ce qu’on mange passe souvent par ce qu’on ressent et certains de nos comportements alimentaires sont dictés par nos émotions. Manger par nécessité n’est plus d’actualité de nos jours car notre culture a fait de l’alimentation un objet social ; pour fêter un événement, on se retrouve autour d’un bon repas par exemple, de même pour les déjeuners professionnels qui sont bien connus pour détendre les deux parties afin de mieux négocier un contrat. La nourriture n’est plus considérée comme de simples nutriments qui apportent ce dont le corps a besoin.

Ce mécanisme émotionnel évolue en grandissant et par l’influence des adultes et de la société. Revenons à l’état de nourrisson ; le bébé est un être aux réactions totalement instinctives et primitives. Il réclame à manger seulement lorsqu’il a faim et arrête de s’alimenter lorsqu’il ressent la satiété. C’est ce que tout le monde devrait faire en théorie. Jusqu’à l’âge de deux ans environ, les enfants fonctionnent de cette manière et c’est pour cette bonne raison qu’ils ne se laisseront jamais mourir de faim.

A partir de deux ans, les choses se complexent un peu car ils deviennent plus autonomes, ont développé leurs goûts et parfois la néophobie qui va avec. Mais le problème ne vient pas forcément de là car c’est aussi vers cet âge-là que leurs parents leur apprennent à être récompensés lorsqu’ils font quelque chose de bien. Attention, je ne dis pas que c’est une mauvaise chose. Il faut savoir gratifier ses enfants lorsqu’ils progressent, écoutent, ou apprennent de nouvelles actions ; c’est essentiel à leur développement mental. Non, ce qui va développer l’alimentation émotionnelle, ce sont les récompenses alimentaires.

Les enfants vont se prendre au jeu du « j’ai fait quelque chose de bien, j’ai droit à un biscuit » et vont s’habituer ce rituel qui va rester ancré plus tard, en grandissant. C’est exactement la même chose que lorsqu’ils se font mal ou qu’ils sont tristes. Pour les consoler, on va leur donner quelque chose de réconfortant, souvent des aliments sucrés. D’où les aliments « doudous » qu’on peut avoir, tout simplement parce que plus jeune, on nous a appris indirectement à associer une émotion à un aliment.

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Aux parents qui lisent cet article, vous êtes loin d’être coupables. Depuis les années 50, notre alimentation a énormément évolué et pas toujours en bien. La société est responsable de la plupart de nos actes et de nos pensées, quel que soit le sujet, et certains sont tellement ancrés qu’on les transmet de génération en génération sans même s’en rendre compte. Les aliments « doudous » en font partis !

Ce qui est assez amusant à constater, c’est que selon nos émotions, nous n’allons pas nous diriger vers le même type d’aliment. Comme je le disais plus haut, la tristesse ou la douleur donnent envie de réconfort, de quelque chose de doux. On se dirige la plupart du temps vers des aliments sucrés qui nous rappellent notre enfance pour nous rassurer, nous consoler. Le chocolat est l’aliment doudou type et il a de réelles propriétés réconfortantes (cf. mon article sur le chocolat). Les aliments doudous sont là pour combler un vide et la plupart des personnes ont besoin de combler ces « trous dans l’estomac » par de la nourriture qui leur font du bien.

Et au contraire, les émotions positives me donnent personnellement envie de repas riches car ils sont, pour moi, synonymes de plaisir et de bien-être. Chez d’autres, les émotions positives vont provoquer ce besoin de récompenses alimentaires et généralement, c’est tout aussi riche en gras qu’en sucre. On est heureux, on a envie de profiter de son repas et qu’il soit nourrissant, presque bourratif parce que la vie est belle, quoi. C’est assez instinctif, on n’y réfléchit même pas. C’est une habitude dont on a conscience qu’en prenant du recul sur nos comportements alimentaires.

L’alimentation émotionnelle, c’est aussi lorsque notre appétit est coupé à cause de ce qu’on ressent. La colère plus particulièrement mais également la tristesse peuvent provoquer cette impression d’estomac plein. C’est tout le contraire du vide ; le trop plein d’une émotion négative, violente et/ou brutale vous remplit l’estomac, littéralement. Je pense que beaucoup l’ont déjà expérimenté mais se disputer lors d’un repas est le meilleur moyen de ne pas finir son assiette.

L’ennui aura l’effet inverse et vous donner la sensation d’avoir faim, ce qui est totalement faux. Je pense que la plupart du temps, c’est pour occuper ses mains et son esprit pour qu’ils aient quelque chose à faire mais ça peut également être pour combler un vide, vu qu’en général, on s’ennuie quand on est seul. La meilleure solution est d’avoir une occupation qui vous stimule physiquement et/ou mentalement pour ne pas avoir à penser à d’autres sensations qui n’existent que dans votre tête (bon, si vous sentez que vous avez toujours faim après avoir fait tout ce qui était en votre possible pour vous occuper, mangez).

Comme on le voit tout au long de cet article, une grosse part de nos choix alimentaires sont psychologiques et c’est pour cela qu’il devient de plus en plus compliqué d’écouter son corps et ses vrais besoins. Il est beaucoup trop fréquent de nos jours que des gens n’arrivent plus à savoir s’ils sont rassasiés ou non, s’ils ont faim ou plutôt soif, et même si nos émotions nous accompagnent tous les jours, je trouve important de retrouver nos sensations premières. Ecouter son corps, c’est aussi mettre sur pause ce que nous dit notre tête en permanence, reposer son esprit et mettre en marche ce qui fonctionne sans que vous ayez besoin d’y penser.

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Publié par

Laura, 20 ans. Curieuse de la vie, je m'intéresse à énormément de choses ! Ce blog sera plus particulièrement centré sur du lifestyle et la nutrition mais je cherche encore à développer mon idée vers d'autres centres d'intérêts. Je suis une jeune diplômée en diététique et briser les idées reçues, c'est mon dada !

2 commentaires sur « Psychologie et alimentation : le lien qu’on ne soupçonne pas »

  1. Ton article résume assez bien mon problème, je mange pour me sentir bien…c’est vraiment compliqué à gérer ! J’essaie de changer ça mais c’est hyper dur d’abandonner ce sentiment de bien-être.

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