Cash investigation : l’industrie agro-alimentaire, business contre santé

 

Ma soirée d’hier a été consacrée à regarder le replay de Cash Investigation sur l’industrie agro-alimentaire. Etant en vacances lors de la diffusion, j’avais seulement suivi le live tweet et sans surprise, les commentaires qui en ressortent sont le choc, l’incompréhension, les masques qui tombent… Ça se comprend ! Quand on a confiance en les produits qu’on achète chaque semaine au supermarché, il y a de quoi tomber des nues. J’ai donc décidé de regarder le replay pour vous partager mon avis sur le sujet.

 

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Les nitrites

Pendant mes études, j’ai appris pas mal de choses sur les additifs alimentaires et ce qu’on appelle des auxiliaires technologiques. Nous n’avions pas forcément les noms exacts ni les chiffres auxquels ils correspondaient comme le fameux E951, seulement ce à quoi ils servaient dans l’industrie agro-alimentaire. Exhausteurs de goût, stabilisants, conservateurs, agents texturants, colorants, édulcorants… Il y en a des tonnes. Certains sont nocifs pour la santé, d’autres peuvent provoquer des réactions allergiques tels que les sulfites. Puis il y a ceux dont on ne connaît pas encore les effets sur notre organisme. Lorsqu’on sait ça, on n’est plus vraiment étonné de voir que les industries agro-alimentaires injectent des sels de nitrites dans la charcuterie.

Pas étonnée peut-être mais dégoûtée, ça, oui. Je vais être crue mais c’est clairement dégueulasse. En dehors de l’injection de nitrites dont la viande dégouline de toute part, la production elle-même est abjecte. On vous ment sur la forme, la couleur et le goût. Ce que vous mangez n’a finalement rien à voir avec du jambon. Ce sont des bouts de viande reconstitués et colorés, bourrés d’additifs pour masquer le fait que la matière première n’est sûrement pas de bonne qualité, en somme.

Je ne vais pas vous mentir. Durant les deux heures quinze que dure l’émission, j’ai ri jaune. J’ai ri jaune parce qu’on vous ment délibérément, parce que l’industrie agro-alimentaire regorge de gens corrompus, ne cherchant qu’à gagner de l’argent plutôt que de se préoccuper de la santé des personnes qu’ils nourrissent. Depuis cinquante ans maintenant, c’est elle qui nous nourrit. C’est elle qui fait campagne pour que vous consommiez trois produits laitiers par jour, pour vous faire croire que les protéines animales sont meilleures que les protéines végétales, pour vous faire avaler des substances qui ne sont absolument pas consommables en l’état. Et vous faire manger son jambon tout rose qui vous mène tout droit vers la case cancer.

Ce reportage vous a fait peur ? C’est normal. Je pense que cela peut fait peur à n’importe qui que de voir des experts, des industriels, dire face à la caméra que les nitrites sont nécessaires à la bonne conservation du jambon malgré les études scientifiques prouvant le contraire. Cela peut faire peur à n’importe qui que d’apprendre que des gens soient payés pour faire des études spécifiquement pour contredire ces scientifiques. Tout ça pourquoi ? Pour semer le doute chez les consommateurs, pour faussement les rassurer afin qu’ils continuent d’acheter en ayant la conscience à peu près tranquille. Je pense que vous l’avez compris ; votre santé, ils s’en tamponnent le coquillard avec une babouche.

J’ai été aberrée de voir les industriels, américains comme français, tenter de s’en sortir avec des pirouettes et des ronds de jambes. Ils ne savent plus où se mettre mais ont réponse à tout. Et quand on y regarde de plus près, ils ont tous le même discours, les mêmes arguments, ils s’essoufflent avec leur monologue pour échapper à des questions pourtant simples. Ils admettent avoir été payés pour contredire des études scientifiques mais oups, ne se souviennent pas du montant. Ils ont beau savoir que les nitrites sont dangereux pour l’organisme, ils continuent d’en mettre en se cachant derrière le botulisme, seul propos visant à « protéger la santé des consommateurs ».

Parle à mon cul, ma tête est malade.

Revenons rapidement sur le botulisme. C’est une affection neurologique grave provoquée par une toxine produite par une bactérie, le Clostridium botulinum. Cette bactérie se développe principalement dans les aliments mal conservés. Il faut aussi savoir que la toxine botulique est détruite à haute température. Comme vous l’avez bien vu dans le reportage, ce risque botulique est utilisé pour des « motifs de purement consommation » et non pas pour des raisons de santé publique, comme l’a si bien dit le Professeur Léon Schwartzenberg, en 1979.

Ce soi-disant risque botulique est mis à plus haute échelle que le risque de cancer, bien plus élevé et indéniable, et prouvé par de maintes études scientifiques. Car les nitrites sont bels et bien la cause de la majorité des cancers colorectaux ; une fois ingérés, les nitrites se combinent avec les amines du tube digestif pour former ce qu’on appelle les nitrosamines. Ce produit, très cancérigène, peut détruire jusqu’à l’ADN d’une cellule lorsqu’elle se retrouve dans l’organisme. Pas besoin de vous expliquer qu’une cellule, lorsqu’elle dégénère, peut devenir précancéreuse beaucoup plus facilement et rapidement.

Vous aussi, vous avez eu peur en voyant cette cellule ressembler à une comète, comme si elle se désagrégeait ? Ce n’est pas qu’une image. Vos cellules se désagrègent littéralement lorsqu’elles sont exposées à des nitrosamines. Et les industriels dans l’histoire ? « Non, désolé, on ne peut pas prendre le risque d’enlever les nitrites. Le botulisme, vous savez. » Remplacez « botulisme » par « argent » et vous aurez la vérité. C’est vrai quoi, qui consommerait du jambon marron ?

L’étiquetage alimentaire

La deuxième partie de l’émission est consacrée à la simplification de l’étiquetage alimentaire. Il est vrai que ces cases et ces listes d’ingrédients écrites en tout petit sont difficiles à déchiffrer et la proposition des étiquettes 5C ou 5 couleurs est une bonne idée, à la base. Cinq couleurs allant du vert au rouge, tels les feux tricolores, pour identifier les produits sains des produits à consommer modérément, pourquoi pas ? Malgré tout, je ne suis pas d’accord avec l’engouement d’Elise Lucet et de ses journalistes par rapport à cette nouvelle étiquette.

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Revenons sur le système de notation qui permet de donner la couleur correspondant au produit. Dans le reportage, ils prennent l’exemple d’un paquet de céréales bien connu des enfants ; voici la retranscription de ce qui est dit.

Tout d’abord, le système est basé principalement sur les graisses et les sucres. En gros, plus le produit est gras et sucré, plus les points augmentent et la note se rapproche donc du rouge (E). Jusque là, on peut penser que c’est plutôt bien pensé. Pour 100g de céréales, la note englobera les éléments suivants : les calories, les graisses saturées, le sucre, les protéines et les fibres.

Pour 100g de produit, nous avons donc :

  • 403 calories = +5 points
  • 3,2g de graisses saturées = +3 points
  • 24,9g de sucre = +5 points.

Nous arrivons à un total de 13 points ce qui équivaut à un D ou à la couleur rose. Le produit, jusque là, semble plutôt à éviter (ce qui est vrai). La suite est surprenante.

Pour 100g de produit, nous avons également :

  • 7,3g de protéines = –3 points
  • 7,2g de fibres = –3points.

Le total passe à 4 points ce qui baisse la note à un C (couleur orange) et est même carrément proche du B (couleur jaune). Le produit passe de mauvais à plutôt correct simplement parce qu’il y a des protéines et des fibres. Passe donc à la trappe l’index glycémique explosif de ces céréales, le sel qu’il y a dedans – parce qu’il y en a – et les ingrédients et additifs dégueulasses qui s’y trouvent. Pour rappel, dans les céréales Crunch et bien d’autres, il y a de l’huile de palme, trois sortes de sucres différents (sirop de glucose, sirop de sucre inverti, mélasse), des arômes et des émulsifiants. La note de ce produit devrait plutôt être aux alentours du D voire du E.

Bien d’autres produits sont donc mieux notés que ce qu’il faudrait tels que les galettes de riz (notées A, considérées comme saines), comme le démontre Thierry Souccar.

L’étiquetage 5C est loin d’être aussi fiable qu’on veut nous le faire penser dans le reportage. Il part d’une bonne intention mais n’est pas assez aboutit, pas assez complet car il ne comprend pas des éléments de notation importants tels que l’index glycémique, la présence d’additifs ou encore le sel. Enfin, il peut donner de mauvaises interprétations sur des produits sains comme les oléagineux, moins bien notés car considérés comme « trop gras ». Vigilance donc, et par précaution, mieux vaut continuer de décrypter les étiquettes et lire cet article !

 

 

Et vous, vous en avez pensé quoi ?

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Publié par

Laura, 20 ans. Curieuse de la vie, je m'intéresse à énormément de choses ! Ce blog sera plus particulièrement centré sur du lifestyle et la nutrition mais je cherche encore à développer mon idée vers d'autres centres d'intérêts. Je suis une jeune diplômée en diététique et briser les idées reçues, c'est mon dada !

4 commentaires sur « Cash investigation : l’industrie agro-alimentaire, business contre santé »

  1. Laura, ton article est très bien ( comme tous les autres) mais je reste un peu sur « ma faim » … j’ai envie de te dire :  » et alors on fait quoi » ? j’ai l’impression que tout ce qu’on achète au supermarché est complètement daubé ! Je fais l’effort d’acheter très peu de sauces et plats cuisinés mais même si les matières premières que j’achète sont néfaste pour ma santé …. pfff je déprime. Des conseils pour acheter des produits sains ? des recettes ? merci

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    1. Bonsoir Magali,
      Je comprends tout à fait que ça peut être déprimant mais c’est un fait, tout produit industriel est « daubé ». Le meilleur conseil que je puisse donner, c’est d’acheter du brut et ce dans n’importe quelle catégorie d’aliment : pâtes, riz brut, légumes frais au maximum sinon surgelés (attention, pas cuisinés donc on évite les poêlés par exemple), viande fraîche en préférant les marques connues (le Gaulois par exemple) plutôt que les marques distributeurs, pour les sauces, prendre de la sauce tomate brute etc… En ce qui concerne les étiquettes, la chose la plus simple à faire est de jeter un coup d’oeil à la liste d’ingrédients : plus elle est longue, plus il y a des trucs dégueulasses dedans. Aussi, s’il y a des mots non compréhensibles voire imprononçables, on n’achète pas. En ce qui concerne les recettes, c’est prévu très prochainement 🙂
      Merci à toi d’avoir lu ! 🙂

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