La grossophobie ou comment gâcher la vie d’un enfant

Je ne suis pas du genre à tourner autour du pot et vous êtes désormais habitué(e)s à mes articles coup de gueule. Alors oui, une nouvelle fois, je suis terriblement en colère.

Je baigne dans le milieu de la danse depuis toute petite et j’ai beau compter d’innombrables choses positives, il y a des points noirs que j’aurais préféré ne pas voir. Des choses que, lorsqu’on parle de sport loisir, ne devraient absolument pas avoir lieu. Que ce soit dans la danse ou d’autres sports féminins tels que la gymnastique ou le patinage artistique, l’importance donnée par certains professeurs au physique, au poids ou à l’alimentation est totalement démesurée.

Non, il n’est pas normal de dire à une enfant de huit ans qu’elle est trop grosse pour danser ou participer à des compétitions de gymnastique. Il est encore moins normal de lui dire de moins manger, de prendre des assiettes plus petites, de donner des conseils absurdes quand l’enfant en question n’a aucun problème de poids qui pourrait affecter sa santé. Il est totalement dégueulasse de lui dire yeux dans les yeux que les « légumes, ça rend belle » ou encore « tu aurais un ventre plat si tu mangeais plus de légumes ». C’est encore plus à vomir lorsque l’enfant se met à pleurer et que personne ne daigne la consoler ou s’excuser.

Je suis en colère contre ces adultes aux vieux principes de merde qui se permettent des jugements, des mots aussi durs et une grossophobie à peine masquée quand en face, l’enfant n’a aucun moyen de se défendre. Oui, un enfant, ça encaisse. Ça encaisse, ça garde tout pour lui et en lui. Les adultes passent à autre chose comme si de rien n’était mais lui n’oubliera jamais cette conversation au détour d’un couloir. Il n’oubliera jamais ces fameux « conseils », ces critiques venant d’une personne qu’il considère de confiance. L’enfant, lui, s’en souviendra. Peut-être toute sa vie au point de développer des complexes physique, de n’avoir plus aucune estime de lui ou pire, de finir par souffrir de troubles du comportement alimentaire. Vous savez, l’anorexie, la boulimie, les grignotages compulsifs… Entre autres.

Un enfant change énormément en peu de temps et passera par plusieurs phases où il aura un appétit plus grand, où il aura besoin de se faire plaisir plus souvent et où son poids variera plus ou moins. C’est normal. Son organisme se développe à une vitesse surprenante à ces âges là. Et personne n’a le droit le culpabiliser pour quoi que soit, encore moins des gens censés veiller sur eux dans le cadre d’un sport loisir. Je suis écœurée par cette societe qui émet un jugement pour tout et n’importe quoi, qui s’autorise à calquer leurs diktats sur des gamins qui ne demandent qu’à s’épanouir dans le sport qu’ils aiment.

Ça me dépasse complètement. Un enfant grandit, s’amuse, fait du sport avant tout pour se défouler. Il ne se préoccupe pas de ce petit ventre qui gêne tant les adultes, ni de ce kilo considéré comme un excès. Mais il suffit d’un mot pour que tout change. Il suffit d’une parole blessante, d’un discours soi-disant bienveillant pour détruire la confiance qu’un enfant a en lui. Non. Non, il n’y a pas de kilos en trop. Il n’y a pas de petit ventre, de jambes ou de bras potelés. Il n’y a que cette horrible idée qu’une danseuse, gymnaste ou patineuse doit ressembler à cette fille grande et longiligne même lorsqu’elle a seulement huit ans. Et je dis « merde » à ceux qui pensent comme cela. Parce que pour rien au monde ces idéaux ne méritent les pleurs d’une petite fille.

Les enfants sont de véritables éponges, ils impriment et se souviennent de tout et c’est nous, adultes, qui contribuons à leur confiance en eux, à leur estime de soi. C’est nous qui les aidons à devenir le meilleur d’eux-mêmes. Alors s’il vous plaît, laissez vivre vos enfants. Laissez-les grandir et s’épanouir. Complimentez-les, dites leur qu’ils sont assez, qu’ils n’ont pas besoin de changer et pour personne. N’oubliez pas car eux, n’oublient jamais.

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Publié par

Laura, 20 ans. Curieuse de la vie, je m'intéresse à énormément de choses ! Ce blog sera plus particulièrement centré sur du lifestyle et la nutrition mais je cherche encore à développer mon idée vers d'autres centres d'intérêts. Je suis une jeune diplômée en diététique et briser les idées reçues, c'est mon dada !

Un commentaire sur « La grossophobie ou comment gâcher la vie d’un enfant »

  1. Mais comment peut-on réellement parler comme ça à un enfant ?
    L’excellence toujours l’excellence… et le plaisir ? OK la petite a pas le physique d’une future danseuse étoile et alors? elle veut peut-être pas devenir une danseuse étoile!!! Peut-être qu’elle vu juste danser, s’exprimer par ce biais… Ce genre de discours peut tellement entrainer une mésestime de soi et des troubles alimentaires, ça me rend malade…

    ça me rend malade de voir qu’on puisse dire ça à des enfants.

    J'aime

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