My dear body…

 

Mon cher corps,

C’est difficile de t’écrire. Ça a toujours été difficile, finalement. D’aussi longtemps que je m’en souvienne, il n’y a pas eu un jour où nous avons été vraiment en accord tous les deux. Je suis loin d’être la seule, je le sais. Qui ne s’est pas un jour retrouvé devant son miroir à haïr chaque parcelle de sa peau ? Pourquoi ? Pour quelle raison ? Si je le savais, j’aurais peut-être pu apprendre à t’aimer plus tôt. Aujourd’hui, j’ai appris à faire la paix avec toi. Le chemin a été long, et il l’est encore parce que ce n’est pas en un claquement de doigt qu’on va tout oublier tous les deux. Mais j’ai compris. Et ça va mieux.

Il y a eu la nourriture. Puis le miroir. Il y a eu le regard que je te portais, mauvais, remplis de jugements et de critiques. Je m’en veux, tu sais, de t’avoir trouvé trop gros, pas assez joli, pas assez dans ces cases inatteignables qu’on nous demande à toutes d’entrer, indirectement. J’aurais dû te protéger de tout ça. Mais quand je vois le nombre de filles qui ont été dans ces mêmes troubles, je me dis que ce n’est peut-être pas ma faute.

Que ce n’est peut-être pas ma faute si je te trouvais trop épais quand ma taille de pantalon disait carrément le contraire. Que je n’y suis peut-être pour rien si je n’ai jamais apprécié te regarder dans le miroir. Que finalement, ce n’était pas toi le problème mais tout ce qu’il y avait autour. Les magazines, les photos à foison d’exemples, de modèles retouchées, et ces boutiques où les mannequins de plastique ne sont finalement que des bonhommes en allumettes. De cette société qui nous martèle en tête que la minceur est synonyme de beauté.

Et même si je me bats contre ces idées au quotidien, c’est toujours aussi difficile de t’apprivoiser. De t’aimer sans condition. De te faire face sans avoir cette palette d’émotions qui me traversent quand je te croise au détour d’un miroir que je n’ai pas encore dompté. Parce que je passe par tellement de phases avec toi. Tu m’as vu en colère, en larmes et parfois désemparée parce que je ne comprenais pas comment toutes les autres s’acceptaient et pas moi avec toi. Parce que c’était trop difficile de voir les autres si heureuses avec ce qu’elles étaient quand moi, je me battais contre toi, contre ce reflet qui ne me plaisait pas.

Mais tu m’as vu sourire aussi, tu m’as entendu dire que tu étais beau. C’était rare. Ça l’est encore trop. A bientôt vingt-deux ans, je commence seulement à te dire que ton nez est joli, et tes yeux brillants, que ton sourire vaut le monde et ta solidité, tes muscles, me permettent de danser tous les jours. Que j’ai de la chance de t’avoir entier, en bonne santé. Et à comprendre que nos proches s’en fichent de la taille de ce pantalon ou de cette robe, comme ils ne se soucient absolument pas de la pointure de nos chaussures. C’est qu’un chiffre. Comme le poids, comme les calories, ce n’est qu’un stupide chiffre. On nous aime sans eux. Alors on peut bien s’aimer l’un l’autre sans eux aussi.

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Publié par

Laura, 20 ans. Curieuse de la vie, je m'intéresse à énormément de choses ! Ce blog sera plus particulièrement centré sur du lifestyle et la nutrition mais je cherche encore à développer mon idée vers d'autres centres d'intérêts. Je suis une jeune diplômée en diététique et briser les idées reçues, c'est mon dada !

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